Ce que vous devez retenir en 30 secondes

Pour devenir orthoptiste en France, il faut obligatoirement obtenir le Certificat de Capacité d’Orthoptiste (CCO), un diplôme Bac+3 préparé en 3 ans dans l’une des 16 universités habilitées. L’accès se fait via Parcoursup, sans concours depuis 2020 — la sélection repose sur le dossier scolaire et, souvent, un entretien oral. Il n’existe aucune limite d’âge : la reconversion est possible à tout moment. À la sortie, l’insertion est quasi immédiate et les débouchés sont excellents, notamment en libéral.



1. Qu’est-ce qu’un orthoptiste, concrètement ?

L’orthoptiste est un professionnel paramédical spécialisé dans la rééducation visuelle. On le surnomme souvent le « kiné des yeux » : là où le kinésithérapeute rééduque les muscles du corps, l’orthoptiste rééduque les muscles oculaires et la coordination des deux yeux.

Ses principales missions sont le dépistage des troubles visuels (strabisme, amblyopie, troubles de la convergence), la réalisation de bilans orthoptiques complets, la mise en place de programmes de rééducation personnalisés, et l’accompagnement des patients en basse vision. Il travaille avec des patients de tout âge — du nourrisson à la personne âgée — et intervient le plus souvent sur prescription médicale d’un ophtalmologue, d’un généraliste ou d’un pédiatre.

Depuis 2022, les orthoptistes disposent de nouvelles compétences étendues : ils peuvent désormais prescrire des lunettes et des lentilles sous certaines conditions, et réaliser des primo-bilans visuels sans ordonnance pour certains patients. La profession est en pleine mutation réglementaire, ce qui en renforce l’attractivité.


2. Quelles études pour devenir orthoptiste ?

Le Certificat de Capacité d’Orthoptiste (CCO) : l’unique voie

Il n’existe qu’un seul diplôme permettant d’exercer légalement la profession : le Certificat de Capacité d’Orthoptiste (CCO). Ce diplôme d’État de niveau Bac+3 (grade licence, 180 crédits ECTS) est délivré par les universités agréées par les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur.

La formation dure 3 ans (6 semestres) et alterne enseignements théoriques et stages cliniques :

  • Enseignements théoriques (~1 968 heures) : anatomie et physiologie de l’œil, pathologies ophtalmologiques, optique géométrique et physiologique, pharmacologie, biologie cellulaire, santé publique, éthique, psychologie du patient.
  • Stages cliniques (~1 400 heures) : en services hospitaliers d’ophtalmologie, cabinets libéraux d’orthoptie, centres spécialisés (basse vision, handicap), structures pédiatriques.
  • Travail personnel estimé : ~1 500 heures sur les 3 ans.

Ce qui se passe année par année

La première année pose les bases : anatomie, physiologie, optique. Les stages débutent en milieu hospitalier pour se familiariser avec les appareils et les techniques d’examen. C’est souvent la plus exigeante théoriquement.

La deuxième année approfondit les pathologies et diversifie les stages (cabinets libéraux, structures spécialisées). La pratique clinique prend une place croissante.

La troisième année est centrée sur l’autonomisation progressive. Les stages sont prépondérants. L’étudiant rédige et soutient un mémoire de fin d’études devant un jury.

Le diplôme est délivré après validation de 41 unités d’enseignement, de l’ensemble des stages et de la soutenance du mémoire.


3. Est-ce difficile d’entrer en formation d’orthoptiste ?

C’est l’une des questions les plus posées sur Google — et la réponse mérite d’être précise.

L’admission : oui, c’est sélectif

Avec environ 400 places par an sur toute la France et un nombre croissant de candidatures, la sélection est réelle. Le taux d’admission varie selon les établissements, mais il tourne autour de 30 à 40% des candidats. Certaines universités très demandées (Paris, Lyon, Bordeaux) sont encore plus sélectives.

Ce qui fait la différence sur Parcoursup :

  • Le dossier scolaire, en particulier les résultats en SVT, Physique-Chimie et Mathématiques
  • La lettre de motivation : elle doit montrer que vous connaissez réellement le métier, pas seulement sa définition
  • Les expériences en lien avec la santé : stages d’observation chez un orthoptiste, bénévolat, accompagnement d’une personne en situation de handicap visuel
  • L’entretien oral (selon les établissements) : préparez-vous à décrire un stage d’observation, à parler des enjeux actuels de la profession (accès direct, déserts médicaux)

Conseil concret : avant de déposer votre dossier, contactez directement les secrétariats des formations qui vous intéressent. Certaines organisent des journées portes ouvertes ou des sessions d’information. Et surtout, effectuez impérativement un stage d’observation chez un orthoptiste — c’est presque incontournable dans les dossiers solides.

Une fois admis : les études sont difficiles, pas impossibles

Le taux de réussite une fois en formation est élevé : environ 95% des étudiants admis obtiennent le CCO. La formation est dense, avec un volume horaire conséquent, mais elle est structurée de façon progressive. Ce qui fatigue le plus les étudiants : la gestion simultanée des cours, des stages et du mémoire en troisième année.


4. Quel bac pour devenir orthoptiste ?

Aucun baccalauréat n’est officiellement exigé — il suffit d’avoir le bac ou un diplôme équivalent. Mais les filières donnant les meilleures bases pour réussir les études sont :

  • Bac général avec SVT : fortement recommandé, socle essentiel pour l’anatomie et la physiologie
  • Bac général avec Physique-Chimie : utile pour les cours d’optique géométrique
  • Bac général avec Mathématiques : complément apprécié pour les aspects quantitatifs

Les bacs technologiques ST2S (Sciences et Technologies de la Santé et du Social) et STL (Sciences et Technologies de Laboratoire) permettent aussi de candidater, et les jurys y sont attentifs si le reste du dossier est solide.

Un bac général sans spécialité scientifique n’est pas rédhibitoire, mais il faut compenser par une motivation particulièrement bien argumentée et des expériences terrain convaincantes.


5. Les 16 universités habilitées en France

La formation d’orthoptiste ne s’effectue que dans des universités publiques agréées — il n’existe pas d’école privée délivrant le CCO.

VilleUniversité
AmiensUniversité de Picardie Jules Verne
BordeauxUniversité de Bordeaux
CaenUniversité de Caen Normandie
Clermont-FerrandUniversité Clermont Auvergne
DijonUniversité de Bourgogne
LilleUniversité de Lille – Faculté H. Warembourg
LimogesILFOMER – Université de Limoges
LyonUniversité Claude Bernard Lyon 1 (ISTR)
MarseilleAix-Marseille Université
MontpellierUniversité de Montpellier
NancyUniversité de Lorraine
NantesUniversité de Nantes
ParisSorbonne Université
ParisUniversité Paris Cité
RennesUniversité de Rennes
StrasbourgUniversité de Strasbourg (IFUO)
ToulouseUniversité Toulouse III – Paul Sabatier
ToursUniversité de Tours

Les frais de scolarité sont ceux de l’université publique : environ 340 €/an (gratuit pour les boursiers). Contrairement à certaines formations paramédicales en instituts privés, le CCO ne coûte pas des milliers d’euros par an.

Combien de places par établissement ? Le nombre de places varie de 20 à 110 selon les universités. Lyon, Paris et Bordeaux sont parmi les plus grandes promotions ; Limoges ou Caen ont des effectifs plus réduits, ce qui peut faciliter l’encadrement.


6. Devenir orthoptiste en reconversion professionnelle

C’est la question qui revient le plus souvent chez les adultes qui découvrent ce métier. La bonne nouvelle est claire : il n’existe aucune limite d’âge pour intégrer la formation d’orthoptiste.

Le parcours est identique pour tous

Qu’on ait 20 ans ou 40 ans, le chemin est le même : Parcoursup, sélection sur dossier, 3 ans de formation, obtention du CCO. La reconversion n’est pas une voie parallèle ou allégée — c’est la formation initiale, ouverte à tous.

Ce qui change pour un adulte en reconversion : votre expérience professionnelle antérieure devient un atout dans le dossier si elle est bien présentée. Une ancienne comptable ayant travaillé en cabinet médical, un enseignant ayant accompagné des enfants avec des troubles des apprentissages, un infirmier souhaitant se spécialiser en rééducation visuelle — ces parcours parlent aux jurys de sélection.

Les contraintes à anticiper

  • La formation ne peut pas se faire à distance : présence obligatoire aux cours et aux stages, souvent de 8h à 18h.
  • Prévoir 3 ans sans revenus complets (ou avec des revenus réduits si vous bénéficiez d’un financement).
  • Les stages impliquent une grande disponibilité, parfois du lundi au vendredi.

Comment financer sa reconversion ?

Si vous êtes salarié :

  • CPF de Transition Professionnelle (PTP) : le dispositif le plus adapté. Il permet de financer la formation tout en maintenant entre 60 et 100% de votre rémunération. C’est Transitions Pro (ex-Fongecif) qui instruit le dossier.
  • Plan de développement des compétences de votre employeur (plus rare pour une reconversion complète).

Si vous êtes demandeur d’emploi :

  • Aide Individuelle à la Formation (AIF) de France Travail
  • Allocation de Retour à l’Emploi Formation (AREF) : maintien de l’ARE pendant la formation

Autres dispositifs :

  • VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) : possible pour le CCO si vous justifiez d’une expérience significative en lien avec l’orthoptie ou la rééducation visuelle. Renseignez-vous auprès du DAVA de votre académie.
  • Bourses sur critères sociaux de l’université

Conseil pratique : avant de vous lancer, contactez un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP), disponible gratuitement chez France Travail, les OPCO ou les Missions locales. Ils peuvent faire une simulation de financement réaliste avant que vous ne déposiez votre dossier Parcoursup.


7. Orthoptiste ou ophtalmologue : quelles différences ?

Cette confusion est fréquente. Voici la distinction fondamentale, en une ligne : l’ophtalmologue est un médecin qui diagnostique et traite les maladies des yeux ; l’orthoptiste est un paramédical qui rééduque la fonction visuelle.

CritèreOrthoptisteOphtalmologue
StatutProfessionnel paramédicalMédecin spécialiste
Durée des études3 ans (Bac+3)10 à 12 ans (Bac+10/12)
Prescription de médicamentsNonOui
Prescription de lunettesOui, sous conditions (depuis 2022)Oui
ChirurgieNonOui
Diagnostic médicalNonOui
Diagnostic orthoptiqueOui
Mode d’accèsSur prescription ou en accès directConsultation directe

Les deux professions sont complémentaires et travaillent souvent ensemble. Dans de nombreux cabinets d’ophtalmologie, l’orthoptiste réalise les examens préliminaires (mesures, bilans) que l’ophtalmologue valide ensuite. Cette organisation en tandem permet de réduire les délais d’attente, problème majeur en France.


8. Quel salaire peut-on espérer en tant qu’orthoptiste ?

Le salaire varie selon le mode d’exercice, l’expérience et la localisation. Voici un tableau réaliste basé sur les données 2025-2026 :

ProfilSalaire net mensuel
Débutant salarié (hôpital public)1 350 – 1 550 € net
Débutant salarié (secteur privé)1 600 – 1 900 € net
Expérimenté salarié (5-10 ans)1 900 – 2 300 € net
Libéral débutant (1-3 ans)1 800 – 2 500 € net variable
Libéral installé (5+ ans)2 800 – 4 000 € net
Libéral en collaboration ophtalmologue3 000 – 4 500 € net

Quelques précisions importantes :

Le libéral offre les revenus les plus élevés mais implique des charges (~45% du chiffre d’affaires), une gestion administrative et une variabilité selon la patientèle. Un orthoptiste libéral travaille souvent 45 à 50 heures par semaine pour atteindre les revenus les plus élevés.

Le salariat assure stabilité et protection sociale complète, mais les revenus sont sensiblement inférieurs, notamment dans la fonction publique hospitalière. La grille FPH (catégorie A) a été revalorisée par le Ségur de la Santé : un CTI de 183 € net/mois s’ajoute au traitement de base.

La localisation joue un rôle non négligeable. En zones sous-dotées (déserts médicaux visuels), les orthoptistes libéraux peuvent rapidement se constituer une patientèle importante et atteindre des revenus élevés en peu de temps. C’est précisément le positionnement de Relais Vision.


9. Quels débouchés après le CCO ?

Le marché de l’emploi en orthoptie est l’un des plus favorables du secteur paramédical. La demande dépasse largement l’offre : les délais de rendez-vous s’allongent partout en France, signe que des places sont à prendre.

Les principales raisons de cette dynamique : le vieillissement de la population (plus de pathologies visuelles), l’usage intensif des écrans chez les enfants et les adultes (myopie, fatigue visuelle), la pénurie d’ophtalmologues qui délèguent davantage aux orthoptistes, et l’extension récente des compétences de la profession.

Répartition actuelle des modes d’exercice :

  • ~57% en libéral (cabinet individuel, de groupe, ou collaboration ophtalmologue)
  • ~30% salariés (centres de santé, cabinets d’ophtalmologie, cliniques)
  • ~13% en secteur hospitalier public

Les spécialisations possibles après le CCO :

  • Basse vision (malvoyants) — forte demande, actes bien valorisés
  • Neuro-ophtalmologie (AVC, traumatismes crâniens, sclérose en plaques)
  • Troubles des apprentissages — bilan neurovisuel, dyslexie, dyspraxie
  • Ophtalmologie pédiatrique — strabisme, amblyopie du nourrisson
  • Posturologie visuelle

Les formations complémentaires après le CCO :

  • Diplômes Universitaires (DU) en basse vision, neuro-ophtalmologie, troubles des apprentissages
  • Master 2 recherche dans certaines universités
  • Diplôme de cadre de santé (après 4 ans d’expérience) pour évoluer vers l’encadrement ou la formation

10. Et après le diplôme : s’installer en libéral avec Relais Vision

Obtenir le CCO, c’est l’étape 1. L’étape 2 — souvent sous-estimée — c’est où et comment exercer. Pour les orthoptistes qui souhaitent s’installer en libéral, en particulier dans des zones où la demande est forte et la concurrence faible, Relais Vision accompagne les praticiens dans leur installation.

Le réseau Relais Vision est présent dans des zones sous-dotées en offre de soins visuels, là où les délais d’attente sont les plus longs et où l’installation d’un orthoptiste répond à un vrai besoin de santé publique. Si vous sortez du CCO et que vous souhaitez explorer cette voie, contactez-nous pour en savoir plus sur nos accompagnements à l’installation.


11. FAQ : les questions les plus posées sur Google

Peut-on devenir orthoptiste sans le bac ?

Non. Le baccalauréat (ou un diplôme équivalent comme le DAEU) est la condition d’accès à Parcoursup et donc à la formation. Sans bac, il faut d’abord l’obtenir.

Combien de temps durent les études d’orthoptiste ?

3 ans, soit 6 semestres. C’est l’une des formations paramédicales les plus courtes pour le niveau de responsabilité exercé.

Est-ce qu’un orthoptiste est un docteur ?

Non. L’orthoptiste est un professionnel paramédical titulaire d’un Bac+3. Il ne peut pas prescrire de médicaments ni réaliser d’actes chirurgicaux. Le titre de « docteur » est réservé aux médecins.

Comment se passe l’admission en école d’orthoptiste ?

Uniquement via Parcoursup. Dossier de candidature (notes, lettre de motivation, fiche Avenir), puis selon les établissements : examen du dossier seul, ou dossier + entretien oral.

Est-ce qu’il y a un concours pour devenir orthoptiste ?

Non, depuis 2020, il n’y a plus de concours d’entrée. La sélection se fait sur dossier Parcoursup et parfois entretien. C’est à la fois plus accessible et plus subjectif qu’un concours classique.

Peut-on devenir orthoptiste à 40 ans ?

Oui, sans restriction. Plusieurs professionnels de santé (infirmiers, opticiens, aides-soignants) se reconvertissent vers l’orthoptie en milieu de carrière. L’expérience de terrain est valorisée dans les dossiers de sélection.

L’orthoptie, c’est fait pour les femmes uniquement ?

Non, même si la profession est majoritairement féminine (environ 88% selon les dernières données). Les hommes exercent le métier dans les mêmes conditions et avec les mêmes perspectives.

Quelle différence entre orthoptiste et opticien ?

L’opticien fabrique, adapte et vend des aides optiques (lunettes, lentilles) à partir d’une ordonnance. L’orthoptiste rééduque la vision par des exercices et des bilans cliniques. Ce sont deux métiers distincts avec des formations différentes.

Quel est le taux d’emploi après le CCO ?

L’insertion est quasi immédiate pour les jeunes diplômés, tant la demande est supérieure à l’offre. La quasi-totalité des orthoptistes diplômés trouvent un poste ou s’installent dans les 6 mois suivant l’obtention du CCO.


Vous venez d’obtenir votre CCO ou vous êtes en dernière année de formation ? Découvrez comment Relais Vision accompagne les orthoptistes dans leur installation en zones sous-dotées : Je souhaite m’installer